Syndromes coronariens aigus 

La douleur thoracique aiguë est une cause fréquente d’admission aux urgences et il est important de pouvoir différencier rapidement un syndrome coronarien aigu (SCA) d’une autre pathologie.
L’électrocardiogramme (ECG) reste l’examen fondamental de première intention mais sa sensibilité diagnostique est moyenne. En 2000, la Société Européenne de Cardiologie (ESC) et le Collège Américain de Cardiologie (ACC) ont redéfini l’infarctus du myocarde (IDM) et les marqueurs biochimiques ont vu leur rôle augmenter, notamment dans le cas où les patients ne présentent pas de signes électriques objectifs1. (1)

Les marqueurs de la nécrose cardiaque

La Troponine                 
                                       
Le complexe des troponines est composé de 3 sous-unités protéiques : la troponine I, la troponine T et la troponine C. Il participe à la régulation de la contraction du cardiomyocyte. Les isoformes cardiaques de la troponine I et de la troponine T ne sont pas exprimées dans les autres muscles et peuvent être dosées dans le sang.
Les recommandations consensuelles édictées en 2000 par l’ESC et l’ACC ont établi la troponine comme marqueur de choix dans le diagnostic de l’IDM 1. (1) Outre sa valeur diagnostique, son dosage a une valeur pronostique dans les SCA 2. (2)

Schéma « les syndromes coronariens aigus : un continuum physiopathologique »


Dans tous les cas, il est essentiel d’interpréter ces dosages au regard du tableau clinique.
Il est également à noter que la troponine est une molécule cardiospécifique, témoin biologique d’une souffrance myocardique qui peut être ou non ischémique. En effet, l’élévation de la troponine peut se produire dans un autre contexte que la maladie coronaire, comme par exemple :
   
            - En cas d’embolie pulmonaire massive.
            - En cas de tachycardie, de choc hémodynamique ou de bas débit profond.
            - En cas de traumatisme cardiaque
            - En cas de traitement cardiotoxique tel une chimiothérapie.
            - En cas d’insuffisance cardiaque, de myocardite 3. (3)

La myoglobine

La myoglobine est une protéine héminique présente dans le cytoplasme des cellules des muscles squelettiques et du muscle cardiaque et dont le rôle est de stocker l’oxygène pour le fournir à ces dernières.
Sa forte concentration dans le tissu musculaire et son faible poids moléculaire expliquent sa libération rapide dans la circulation sanguine en cas d’ischémie cardiaque aiguë telle que dans l’IDM. La concentration sanguine de la myoglobine commence à augmenter dès 2H après le début de l’IDM pour atteindre un pic entre 8 et 10H et retourner à sa valeur de base au bout de 24H.
Cependant, la myoglobine n’est pas cardiospécifique puisque toute lésion des muscles squelettiques est susceptible d’entraîner sa libération dans la circulation sanguine. C’est pourquoi l’augmentation de la concentration de myoglobine doit être utilisée en association avec d’autres éléments de l’évaluation du patient dans le cadre du diagnostic de l’IDM.

La CK-MB

La CK-MB est l’isoforme majoritaire de la créatine-kinase (CK) présente dans le myocarde. Elle est également présente dans d’autres tissus tels que les muscles squelettiques mais à des concentrations plus faibles. Son apparition dans le sérum, en l’absence de traumatismes musculaires majeurs, est évocatrice de lésions cardiaques.





Références
(1)    Eur Heart J 2000 ;21 :1502-13
(2)    Eur Heart J 2000;21:1406-32
(3)    Actualités thrombose N°38 : 9-11 mai 2001