Pathologie
La primo-infection maternelle est symptomatique dans 10% des cas. Elle se manifeste alors par une fièvre isolée entre 38 et 40°C pendant deux à trois semaines et est parfois associée à une hépatomégalie, une splénomégalie et/ou des adénopathies.
Parmi les bébés infectés, on observe 90% de formes asymptomatiques (mais 10% d’entre eux conserveront des séquelles) et 10% de formes symptomatiques grevées d’une mortalité proche de 30% et de la présence de séquelles chez 90% des survivants.
La prévention primaire consiste à donner les conseils d’hygiène visant à éviter les contacts avec la salive, les larmes et les urines des sujets infectés.
Diagnostic de l'infection maternelle
Le diagnostic biologique de l’infection maternelle est sérologique
Sérologie du CMV
Il est aujourd’hui clairement établi que si les IgM anti-CMV sont pratiquement toujours détectées au cours des primo-infections récentes, elles peuvent aussi être mises en évidence dans de nombreuses autres situations. Pour cette raison, en dehors d’un contexte de séroconversion, il est indispensable de mesurer l’avidité des IgG anti-CMV pour dater l’infection lorsque des IgG et des IgM anti-CMV sont détectées.
L’algorithme décisionnel proposé ci-dessous est une aide pour l’interprétation des sérologies :

* La persistance des IgM est variable selon les sujets et selon les techniques utilisées. En général, les IgM persistent plusieurs mois mais dans de rares cas elles peuvent être fugaces.
Diagnostic prénatal de l'infection foetale
Le diagnostic prénatal peut être effectué chez toutes les femmes enceintes pour lesquelles une primo-infection à CMV a été détectée, ou seulement en cas de détection d’anomalies échographiques. Lorsque des anomalies échographiques évocatrices d’une infection à CMV sont observées, il est fortement recommandé d’évoquer et de rechercher cette étiologie.
Le diagnostic prénatal de l’infection foetale peut être réalisé sur liquide amniotique par culture et/ou PCR. Des faux négatifs peuvent être observés en particulier en cas de prélèvements effectués trop précocément par rapport à la séroconversion ou au terme, en présence d’inhibiteurs dans le prélèvement ou en raison d’une variabilité du virus.
Pour limiter ces faux négatifs, il est recommandé de n’effectuer cet examen qu’aux alentours de la 20-22ème semaine d’aménorrhée, au moins 5 à 6 semaines après la séroconversion et de contrôler la virémie maternelle avant l’amniocentèse.
Diagnostic post-natal de l'infection congénitale
Il est réalisé par culture cellulaire à la recherche du virus dans les urines, dans les quinze jours qui suivent la naissance. La recherche des IgM anti-CMV dans le sang n’est qu’inconstamment positive.
Extrait de la brochure « Les infections materno-foetales » et la lettre des Relais Abbott d’avril 2002 rédigées par le Dr Liliane Grangeot-Keros (CHU Antoine Béclère – Clamart) 2000