Rubéole 


 
Le risque d’infection fœtale consécutif à une primo-infection maternelle est variable selon l’âge gestationnel. Lorsqu’une primo-infection rubéolique symptomatique survient en début de grossesse (moins de 12 semaines d’aménorrhée), le risque de transmission est supérieur à 80%.

Les atteintes possibles du fœtus sont d’ordre neurologique, ophtalmologique, auditif et cardiaque. Entre la 12ème et la 20ème semaine d’aménorrhée, le risque de transmission décroît de 80 à 10% avec des atteintes auditives et il est quasi nul au delà de la 20ème semaine d’aménorrhée.

Diagnostic 

Grâce à la vaccination, l’incidence de la rubéole a fortement diminué, entraînant une diminution des cas de rubéole congénitale malformative. En France cependant, le virus de la rubéole continue de circuler en raison d’une insuffisance de la couverture vaccinale et des cas de rubéole congénitale sont encore déclarés chaque année. L’incidence des infections rubéoleuses en cours de grossesse est de 2 à 12 pour 100 000 naissances.
 
La sérologie de la rubéole avec dosage des IgG fait partie des examens obligatoires au cours de la grossesse lors du premier examen prénatal, en l’absence de résultats écrits permettant de considérer l’immunité comme acquise.

Schéma sérologique de la Rubéole :


  • Si le titre des IgG est inférieur au seuil indiqué par le fabricant, la patiente doit être considérée comme non immunisée.
  • Un résultat positif permet généralement d’affirmer une immunisation.
  • Un taux stable d’IgG dosées sur deux prélèvements effectués à trois semaines d’intervalle ne permet pas d’éliminer une infection récente. Les résultats doivent toujours être interprétés en fonction du contexte clinique et biologique.
  • Un résultat positif en IgM (supérieur à la valeur seuil) signe le plus souvent une primo-infection datant de moins de huit semaines. Toutefois, les IgM rubéoliques sont parfois observées en cas de réinfection et lors d’une stimulation polyclonale du système immunitaire. Elles peuvent également être retrouvées plus de deux mois après une primo-infection ou plus de six mois après une vaccination.
Remarque : en cas de doute, des examens complémentaires peuvent être réalisés pour aider à dater l’infection : dépistage des IgA spécifiques, mesure de l’avidité des IgG. Ils sont réservés à des laboratoires spécialisés.
 
Le diagnostic anténatal se fait par dépistage des IgM spécifiques sur le sang fœtal à partir de la 22ème semaine d’aménorrhée et sur liquide amniotique par PCR.
 
Conduite à tenir

Prévention par la vaccination chez :
  • Les femmes séronégatives en âge de procréer
  • Les femmes séronégatives venant d’accoucher
  • Les enfants entre 12 et 24 mois
  • Les filles en âge pré-pubertaire : rappel de vaccination (ROR) recommandé entre trois et six ans.



Extrait de la brochure « Les infections materno-foetales » réalisée par le Dr Liliane Grangeot-Keros (CHU Antoine Béclère – Clamart) 2000